Une citoyenneté empêchée ?

Une citoyenneté universelle ?
                                                                        

Les conditions d’accès à la citoyenneté restent bien subtiles et créent la confusion auprès des français et plus largement auprès des habitants de France.

En fait, on compte seulement 47 millions de citoyens en France (sur 67 millions d’habitants). Le critère de majorité écarte les mineurs soit environ 14,5 millions de personnes et le principe de nationalité éloigne les personnes de nationalités étrangères soit 4,8 millions de personnes (pour autant les droits des étrangers en France, outre les droits politiques, sont en grande partie identiques). A ces personnes non reconnues comme citoyennes s’ajoutent les personnes déchues de leurs droits civiques.

Si l’on n’est pas majeur et français, on n’est pas reconnus comme citoyen… La citoyenneté, qui veut être ouverte, inclusive et fédératrice, ne fait pas la distinction entre le citoyen français et le citoyen de France.
 

Citoyen, un rôle déconsidéré ?


En France, l’héritage monarchique et parfois jacobin a installé un certain centralisme qui se traduit dans une gouvernance très verticale qui laisse finalement peu de place aux citoyens même si ces derniers s’organisent en collectifs ou en corps intermédiaires. Le manque d’écoute à l’égard des instances de participations ou des espaces de réflexion collective installe des frustrations et détourne les citoyens de la participation.  

D’autre part la démocratie représentative privilégie parfois la réponse à des intérêts qui sont exprimés par des acteurs qui maîtrisent les éléments de langage, les réseaux, les codes. Ce réflexe renforce le sentiment d’injustice, d’inconsidération qui se transforme en dépit. Le manque de prise en compte installe chez certain une citoyenneté désengagée plus proche du consumérisme… on passe alors de la citoyenneté à « l’assistoyenneté ».
 

Une citoyenneté en crise ?


La défiance à l’égard de la vie politique, l’abstention aux élections, la hausse des incivilités, la baisse de l’engagement local politique, le renforcement des clivages sociaux, le repli sur soi, la radicalisation, la ghettoïsation, la méfiance, le communautarisme, l’égoïsme… Chaque semaine apporte son lot de témoignages qui incarnent une crise de la citoyenneté. Le citoyen traverse une crise de confiance profonde : en son système, ses institutions, ses représentants et parfois en sa propre capacité à agir pour la cité.  Le manque de considération ou de dialogue crée chez beaucoup des frustrations qui se traduisent en protestations (zadistes, bonnet rouges, gilets jaunes…). Sans écoute la mobilisation citoyenne se traduit en immobilisation citoyenne.
 

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